Claudine Guérin de TENCIN (1682-1749)
Femme de lettres, animatrice d'un salon littéraire influent. 2 L.A., [été 1734], à MONTESQUIEU à Paris; 1 page in-8 et 3 pages petit in-4, adresses avec cachets cire rouge aux armes (brisés, lég. mouill. à la 2e lettre). [CM 407 et 408] INTÉRESSANTES LETTRES FAISANT ALLUSION À LEURS ROMANS. MME DE TENCIN TERMINE LA RÉDACTION DE SON ROMAN Mémoires du comte de Comminge (publié anonymement en 1735), qu'elle donne à lire à MONTESQUIEU, et fait allusion au roman (resté longtemps inédit) de Montesquieu, Histoire véritable, que Montesquieu vient lui lire, et qu'elle commente dans la seconde lettre. «Vous savés mon cher ami que vous pouvés disposer de tout mon temps. C'est reculer mon plaisir que de retarder celuy de vous entendre. Il ne seroit peut etre pas impossible que juse aussi dans trois cemaine quelques chose à vous montrer. Je suis flatté de votre confience et je trouve une douceur infini à en avoir pour vous. A demain et à aujourdhuy je ne sorois vous voir assez». Lundy. «Voissi deux petis rienss dont vous ferés usage si vous jugés quils en vaille la peine. Je voudrois que la mestresse du petit chien le caraissa surtout devan ses amants pour leur paroistre plus tendre et que les amants à leur tour pour paroistre délicat donnassent quelques coups au malheureux petit chien. Ne seroit il pas plaisan que l'ame qui vient animer le corps de la jeune femme n'eut que de la haine pour l'amant qui avoit été favorisé par l'ame qui avoit la premiere occupé le corps et quelle eut au contraire de l'amour pour le mary qui plain de ressantiment du passé n'auroit que du mépris pour elle. Peut etre que je m'explique mal en tous cas nous en résonnerons il faut ce messemble proffiter des occasions que la mattiere vous fournit pour mettre de la galanterie vous savés que c'est le gout du siecle et dalieur elle sera encor plus agreable dans un livre plain de filosofie». Elle le charge de faire ses amitiés «au petit Castel»
Catalogue mardi 18 décembre・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°11

Claudine Guérin de TENCIN (1682-1749) Femme de lettres, animatrice d'un salon littéraire influent. 2 L.A., [été 1734], à MONTESQUIEU à Paris; 1 page in-8 et 3 pages petit in-4, adresses avec cachets cire rouge aux armes (brisés, lég. mouill. à la 2e lettre). [CM 407 et 408] INTÉRESSANTES LETTRES FAISANT ALLUSION À LEURS ROMANS. MME DE TENCIN TERMINE LA RÉDACTION DE SON ROMAN Mémoires du comte de Comminge (publié anonymement en 1735), qu'elle donne à lire à MONTESQUIEU, et fait allusion au roman (resté longtemps inédit) de Montesquieu, Histoire véritable, que Montesquieu vient lui lire, et qu'elle commente dans la seconde lettre. «Vous savés mon cher ami que vous pouvés disposer de tout mon temps. C'est reculer mon plaisir que de retarder celuy de vous entendre. Il ne seroit peut etre pas impossible que juse aussi dans trois cemaine quelques chose à vous montrer. Je suis flatté de votre confience et je trouve une douceur infini à en avoir pour vous. A demain et à aujourdhuy je ne sorois vous voir assez». Lundy. «Voissi deux petis rienss dont vous ferés usage si vous jugés quils en vaille la peine. Je voudrois que la mestresse du petit chien le caraissa surtout devan ses amants pour leur paroistre plus tendre et que les amants à leur tour pour paroistre délicat donnassent quelques coups au malheureux petit chien. Ne seroit il pas plaisan que l'ame qui vient animer le corps de la jeune femme n'eut que de la haine pour l'amant qui avoit été favorisé par l'ame qui avoit la premiere occupé le corps et quelle eut au contraire de l'amour pour le mary qui plain de ressantiment du passé n'auroit que du mépris pour elle. Peut etre que je m'explique mal en tous cas nous en résonnerons il faut ce messemble proffiter des occasions que la mattiere vous fournit pour mettre de la galanterie vous savés que c'est le gout du siecle et dalieur elle sera encor plus agreable dans un livre plain de filosofie». Elle le charge de faire ses amitiés «au petit Castel»

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Claudine Guérin de TENCIN (1682-1749) Femme de lettres, animatrice d'un salon littéraire influent. 2 L.A., [été 1734], à MONTESQUIEU à Paris; 1 page in-8 et 3 pages petit in-4, adresses avec cachets cire rouge aux armes (brisés, lég. mouill. à la 2e lettre). [CM 407 et 408] INTÉRESSANTES LETTRES FAISANT ALLUSION À LEURS ROMANS. MME DE TENCIN TERMINE LA RÉDACTION DE SON ROMAN Mémoires du comte de Comminge (publié anonymement en 1735), qu'elle donne à lire à MONTESQUIEU, et fait allusion au roman (resté longtemps inédit) de Montesquieu, Histoire véritable, que Montesquieu vient lui lire, et qu'elle commente dans la seconde lettre. «Vous savés mon cher ami que vous pouvés disposer de tout mon temps. C'est reculer mon plaisir que de retarder celuy de vous entendre. Il ne seroit peut etre pas impossible que juse aussi dans trois cemaine quelques chose à vous montrer. Je suis flatté de votre confience et je trouve une douceur infini à en avoir pour vous. A demain et à aujourdhuy je ne sorois vous voir assez». Lundy. «Voissi deux petis rienss dont vous ferés usage si vous jugés quils en vaille la peine. Je voudrois que la mestresse du petit chien le caraissa surtout devan ses amants pour leur paroistre plus tendre et que les amants à leur tour pour paroistre délicat donnassent quelques coups au malheureux petit chien. Ne seroit il pas plaisan que l'ame qui vient animer le corps de la jeune femme n'eut que de la haine pour l'amant qui avoit été favorisé par l'ame qui avoit la premiere occupé le corps et quelle eut au contraire de l'amour pour le mary qui plain de ressantiment du passé n'auroit que du mépris pour elle. Peut etre que je m'explique mal en tous cas nous en résonnerons il faut ce messemble proffiter des occasions que la mattiere vous fournit pour mettre de la galanterie vous savés que c'est le gout du siecle et dalieur elle sera encor plus agreable dans un livre plain de filosofie». Elle le charge de faire ses amitiés «au petit Castel»
Vente mardi 18 décembre・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 31 Avenue Hubert Germain 75016 Paris